1/ Le prudent volontarisme lillois
« Je le dis très clairement, contrairement à d’autres collectivités locales, d’autres villes, d’autres départements, d’autres régions, nous avons pris la décision dès le départ d’essayer de faire un budget sans baisser les subventions aux associations, à toutes les associations quelles qu’elles soient ». S’exprimant le 7 février à l’occasion du vote du budget devant le conseil municipal, la maire de Lille, Martine Aubry, a un peu fait la leçon à ses collègues élus locaux.
Elle a revendiqué ce choix politique effectué alors que le budget national venait juste d’être voté la veille et qu’elle n’en connaissait donc « pas encore les éléments précis et qu’il pourrait nous arriver des mauvaises nouvelles ». Malgré cette incertitude, pourquoi une telle confiance ?
D’abord, parce que Martine Aubry sait que le risque d’une « mauvaise nouvelle » est faible pour la ville de Lille, plutôt épargnée par la loi de finances 2025 pilotée par le gouvernement Bayrou. La ville fait partie des communes les plus fragiles financièrement – elle bénéficie de la dotation de solidarité urbaine (DSU) – et elle se trouve donc parmi les villes les plus épargnées par l’effort de redressement national.
Impact limité
De fait, l’impact se limite à l’augmentation des cotisations sociales versées pour les assurances diverses des agents affiliés. Pour la ville de Lille, cela représente 3,5 millions d’euros de dépenses nouvelles cette année, soit moins de 1 % de ses dépenses de fonctionnement. C’est un coût beaucoup moins rude que les 20 millions d’euros de coupes claires qu’aurait induit le projet de budget du gouvernement Barnier, renversé par une motion de censure.
Si tout va bien, la ville aura eu raison de construire tout de suite un budget sans ponction, basé sur l’hypothèse d’aucune autre dépense complémentaire imprévue. Sinon, le conseil municipal pourra toujours ajuster son budget en cours d’exercice en votant des décisions modificatives.
Avec 461,4 millions d’euros de recettes et 426,5 millions d’euros de dépenses auxquelles s’ajoutent le remboursement des emprunts, le budget de fonctionnement est quasiment à l’équilibre. Les investissements s’établissent quant à eux à 135 millions d’euros avec un léger retour à l’endettement pour les financer, une première depuis 2018. Désormais, il faudrait 8,6 années à la ville de Lille pour apurer sa dette, contre environ 7 années l’an dernier (le seuil d’alerte est à 12 ans). Avec un pari : celui d’un budget primitif lillois sans coupe budgétaire pour le monde associatif.
En parvenant à faire adopter ce budget – à la majorité et non à l’unanimité – dès le 7 février , la maire socialiste de Lille envoie au passage un message politique à ses voisins du département du Nord, de la Métropole européenne de Lille, de la région Hauts‐de‐France et …