Après avoir averti les structures employant les éducateurs de rue d’une baisse de 3 millions d’euros de leur budget en 2025, Christian Poiret maintient finalement son niveau de financement. Les maires ont tenu face au chantage du président.
Dans un communiqué publié mercredi 26 février, Christian Poiret annonce faire machine arrière : « le Département du Nord assumera son engagement volontaire pour la prévention spécialisée », écrit le président. Qui prend soin de souligner : « malgré la non‐participation financière des communes ».
La coupe budgétaire avait été annoncée de manière unilatérale aux onze associations de prévention spécialisée fin décembre. Le département espérait se désengager de 3 millions d’euros sur ce volet de la protection de l’enfance, soit 25 % du budget annuel. Dans le même temps, Christian Poiret demandait un co‐financement aux 43 maires des communes couvertes par les éducateurs de rue, pour faire des économies « dans un contexte financier très difficile ».
Une méthode décriée par les maires
« La mise en place de ce cofinancement n’est pas inédite : c’est le cas dans de nombreux Départements à l’image de l’Essonne, du Pas‐de‐Calais ou encore du Val‑d’Oise », justifie Christian Poiret dans son communiqué de presse. Il omet de rappeler que sa demande aux maires avait été adressée par courrier à la veille de Noël, sans concertation et alors que la plupart des communes avaient d’ores et déjà voté leur budget.
Prévention spécialisée : le chantage aux maires du président du Nord pour financer ses économies
« Je comprends les difficultés du département, mais ce n’est pas de la faute des communes, explique le maire socialiste de Douai Frédéric Chéreau, à qui il était réclamé 150 000 euros. Nous n’avons ni compétence ni légitimité à nous engager sur ce plan alors que nous cherchons nous mêmes à faire des économies ».
Les associations de prévention toujours vigilantes
Face au refus de plusieurs communes – notamment Lille, Dunkerque, Douai ou encore Mons‐en‐Barœul – de prendre en charge les postes d’éducateurs menacés par les choix du département, une compétence obligatoire dont il a la charge, Christian Poiret s’est retrouvé pris au dépourvu. « Nous avons pris la décision, parce que la protection des jeunes Nordistes est notre priorité, de maintenir le budget 2025 dédié à la prévention spécialisée à hauteur de 13 millions d’euros. »
Une « victoire » pour le collectif d’associations « Touche pas à ma prev », qui s’était fortement mobilisé après ces annonces, dans un contexte particulièrement anxiogène où les travailleurs sociaux réclamaient même la démission du Président du département. Le collectif affirme tout de même rester « vigilant sur la suite ».
Aucun commentaire pour l'instant