Le combat de Xavier Bertrand contre le lycée musulman Averroès : récit d’une débâcle judiciaire

Pour le président de la région Hauts-de-France, le rétablissement par la justice du contrat d’association du lycée Averroès est un immense désaveu après cinq années passées à accuser le lycée confessionnel de séparatisme et à essayer de lui couper toute subvention. Ce que l’on sait moins, c’est que le président de Région a d’abord compté parmi les soutiens zélés d’Averroès. Retour en quatre actes sur une volte-face spectaculaire, motivée par des intérêts politiques.

Xavier Bertrand
Sur le lycée Averroès, Xavier Bertrand a souvent répété que son seul tort est « d’avoir eu raison trop tôt ». Il a en fait eu tort. Tout court. Photo : Alain ROBERT/SIPA/2503081814

Il y a dix ans, et alors que le lycée Averroès est dans la tourmente après qu’un ex‐professeur ait qualifié l’établissement d’islamiste, Xavier Bertrand figure parmi les défenseurs zélés du plus grand lycée musulman de France. Alors député‐maire (UMP) de Saint‐Quentin (Aisne), il brigue la présidence de la région Nord Pas‐de‐Calais – Picardie. 

Le 27 octobre 2015 – soit neuf mois après les attentats de janvier, et à la veille des attentats du 13 novembre à Paris – un débat télévisé l’oppose à Marine Le Pen. Voici ce qu’il répond à son adversaire frontiste, qui souhaite la suspension des financements versés par la Région au lycée privé lillois, sous‐contrat avec l’État depuis 2008.

« On a compris votre rhétorique : en permanence, chercher à faire la confusion entre l’islamisme radical et l’islam. En permanence. Vous ne pouvez pas vous en empêcher. Encore une fois les peurs. [Vous êtes] la candidate de l’affrontement, au niveau régional comme au niveau national… c’est plus fort que vous ». Lorsque Marine Le Pen l’interrompt et l’accuse de ne pas connaître le dossier. Il persiste : « Je connais d’autant plus le dossier qu’au lendemain des terribles évènements de janvier, je suis allé dans ce lycée. »

Exhumé par Mediacités, ce soutien appuyé a de quoi surprendre puisque Xavier Bertrand compte aujourd’hui parmi les plus fervents opposants du plus grand lycée musulman de France, qu’il accuse de séparatisme. Par ses refus répétés, depuis 2020, de verser la subvention obligatoire due à l’établissement au titre du contrat d’association, il a joué un rôle majeur dans la décision de désassociation, effective depuis septembre 2024.

Alors que le tribunal administratif de Lille vient de rétablir, ce 23 avril – et avec effet immédiat – le contrat d’association qui lie le plus grand lycée musulman de France à l’État, Mediacités retrace la spectaculaire volte‐face réalisée par le président de Région. Puis son obstination. Toutes deux motivées par des intérêts politiques.
Acte I – Quand Xavier Bertrand ne trouvait rien à redire à Averroès
Au sujet d’Averroès, même après avoir enfilé ses habits de président de Région, Xavier Bertrand …

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Par Matthieu Slisse